Le conducteur poids lourd, le garant de nos habitudes de consommation

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27 Sep, 2021

En 2021, deux clics suffisent pour satisfaire la moindre pulsion consumériste. On l’oublie souvent mais entre nos souris et le producteur, une armée d’hommes et de femmes relève les défis de l’acheminement pour garantir des délais de livraison toujours plus compétitifs. Le transport de marchandises souffre pourtant d’une image peu valorisante. Focus sur les conducteurs de l’ombre.

La livraison n’est pas qu’un simple service, c’est un allié de notre mode de vie occidental. Pour optimiser nos déplacements et gagner un temps précieux, nous faisons tous appel à des livreurs. Pour nous restaurer, nous instruire, nous divertir ou encore même nous vêtir, une série de petites mains et de gros bras travaillent nuit et jour afin de garantir des délais de livraison toujours plus rapides. 

En France, les conducteurs poids lourd réalisent 89% du transit de marchandises. Sans eux, aucun foyer ne pourrait remplir son caddie, aucune usine ne pourrait produire. 4ème employeur de l’hexagone, le secteur du transport et de la logistique emploie 1,9 million d’hommes et de femmes passionnés. Mais comme dans tous les métiers essentiels et décriés, comme en restauration ou encore en grande distribution, les transporteurs peinent à recruter. Selon l’Insee 53 % des entreprises de transport et logistique font face à un déficit d’effectifs. Ces emplois peu considérés ne font pas rêver. Pourtant l’éventail de leur activité est bien plus riche que de serrer à droite des heures durant.

12h chrono

Chez Goëvia, 90% des conducteurs livrent la Nouvelle-Aquitaine. Ils réalisent ce que l’on appelle de la distribution régionale, en courte distance, soit pas plus de 350 km par jour. Ce qui implique des livraisons et des enlèvements de palettes dans une douzaine de points par jour, parfois beaucoup plus !

À chaque nouveau transport réservé sur notre site, s’orchestre alors un intense parcours de logistique rendu possible par une étroite coopération entre nos experts du transport et nos clients. Très tôt le matin, après avoir vérifié l’état global de leur camion et réalisé un tétris ingénieux dans leur remorque de 13 mètres de long, les conducteurs filent direction les zones industrielles. Chaque entrepôt, aussi froid qu’il puisse paraître de l’extérieur, fourmille de vies à l’intérieur. À 7 heures du matin, chez un client de la grande distribution, des employés aux têtes d’adolescents se donnent du cœur à l’ouvrage en écoutant du Eminem. Également touchée par le manque de recrutement, la responsable sollicite Stéphane, notre conducteur bordelais, pour décharger sa cargaison. Cette tâche, ce n’est pas à lui de la réaliser mais pour ne pas prendre de retard dans sa tournée il empoigne le transpalette électrique et décharge les 18 palettes de produits frais. S’il ne le fait pas, il prend le risque de retarder sa prochaine livraison. De l’entraide et de la bonne volonté sont nécessaires à toutes les étapes. 

Le temps d’une tournée, le chauffeur poids lourd reçoit plusieurs appels de l’exploitation soucieuse d’optimiser au maximum ses trajets afin de livrer des clients pressés de recevoir leurs marchandises. En contact direct avec nos commerciaux et nos livreurs, nos agents de l’exploitation sont avertis en temps réel des besoins de nos clients. Chaque déplacement fait l’objet d’un suivi d’expédition. Aucune palette n’est perdue de vue. De plus, les livreurs sont tributaires de la circulation, des horaires d’ouverture des entreprises et doivent absolument limiter les déplacements inutiles qui élèveraient leur empreinte carbone

Arrivé à 13h30 dans l’entrepôt d’un géant de l’alimentaire, David, un conducteur aguerri, fait la queue avec plusieurs livreurs. Un aléa du métier qui le retarde. Le temps d’attendre le feu vert de l’agent de quai chargé de cette livraison, il convient avec le secrétaire de l’appeler sur son mobile dès que la situation se débloque, ainsi il peut assurer un enlèvement dans ce même secteur géographique. En 30 minutes, il aura réussi à effectuer un enlèvement de produits de piscine pendant que le client de la grande distribution traite sa demande de déchargement. Réagir rapidement pour pallier un imprévu qui retarderait l’ensemble des livraisons fait partie du quotidien.

Des funambules de la route

Nos routes n’ont pas été conçues comme des pistes d’atterrissage. À la vue de branches manquantes sur les arbres, on devine le passage fréquent des 44 tonnes. Un conducteur de marchandises livre tous types d’entreprises agencées et équipées très différemment. Pour une livraison de fenêtres sur un chantier par exemple, notre conducteur Goëvia s’est retrouvé face à un bâtiment grouillant d’ouvriers prêts à couler la chape. Convenant de la marche à suivre avec le responsable, il a reculé sa remorque sans visibilité sur un sol boueux pour atterrir devant la porte du garage de cette entreprise en plein aménagement. Le genre de manœuvre que l’on n’apprend pas en formation. Pour une autre société, il ne peut tout simplement pas stationner et il est interdit de livrer sur la route. Le client aurait dû préciser qu’il devait être livré par un véhicule léger. Mais un sourire peut souvent ouvrir des portes. Celles du camion, en l’occurrence, s’ouvriront malgré la légère gêne occasionnée. Rapidement et sûrement sans bloquer les autres utilisateurs de la route, le client obtient sa cargaison et le livreur repart sur les routes. Les conditions ne sont pas toujours favorables ce qui peut rendre la manœuvre plus sportive que prévu. Trouver des solutions à tous ces impondérables du quotidien (travaux, collègue qui livre à la même heure, qualité du terrain qui laisse à désirer, intempéries, casse matériel) fait partie des qualités de nos experts de la route. Une bonne confiance en soi est également un atout. Pour ses livraisons de produits frais, Stéphane a réalisé des créneaux dans des allées en pente et étroites, tout cela de nuit dans une zone industrielle mal éclairée. 

Concentrés et méthodiques, les chauffeurs poids lourd sont pourtant autant pressés de livrer que le consommateur désireux de sortir de la queue de supermarché. Empruntant les routes chaque jour, ils connaissent les axes saturés et quels comportements à risques éviter. Au volant d’un 44 tonnes, une seule erreur de conduite peut entraîner de graves dommages alors on ne plaisante jamais avec la sécurité routière. Sur la rocade, Stéphane roule toujours très à droite pour être sûr de ne pas accrocher des voitures qui le doubleraient. Mais les semi-remorques ne peuvent pas toujours se faire toutes petites. À certaines reprises, David s’impose à l’entrée d’un rond-point au milieu des deux voies, quitte à agacer les automobilistes. De cette manière, il est certain que personne ne tentera de le doubler dans ses angles morts et qu’il pourra s’engager sans gêner. Une vigilance à toute épreuve n’est pas une option mais un impératif pour ces hommes de l’ombre accros à la sécurité routière.  

Malgré les responsabilités que portent les conducteurs, participer à cette grande chaîne de la distribution ne fait pas briller en société. Pourtant sans eux le pays serait paralysé et tout le monde serait touché. Pour garantir un service de qualité, valoriser la filière chez les transporteurs est devenu essentiel. À l’image de nos habitudes de consommation, le monde du transport routier est en pleine mutation. Face aux enjeux économiques et écologiques, le livreur de marchandises relève chaque jour de nouveaux défis. Métier d’avenir, le conducteur n’est pas qu’un mangeur de bitume. Confinement ou non, il est toujours sur le front prêt à œuvrer. Dernier best-seller, produits locaux ou tee-shirt en coton biologique n’oublions pas que  le conducteur de marchandises approvisionne tous les commerces dans lesquels nous nous rendons.

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